Retour aux actualités

La peinture à l’eau est-elle sans risque pour la santé?

La peinture à l’eau est-elle sans risque pour la santé?

Depuis une trentaine d’années, les peintures à l’eau connaissent beaucoup de succès. Comparées aux peintures à solvants, leur faible odeur et leur grande teneur en eau les rend plus inoffensives aux yeux des professionnels comme des non-spécialistes. Les peintures à l’eau ne sont toutefois pas totalement sans danger pour la santé, car une certaine dose de solvants et d’additifs peut tout de même entrer dans leur composition.

La demande pour des peintures en phase aqueuse a commencé à augmenter de façon spectaculaire à partir des années 1980. Chez Socol SA par exemple, 85 % de la production de peintures était produite à base d’eau dès le début des années 2000.

Il existe de multiples raisons à cette évolution. D’abord, ces peintures sont moins nocives, ce qui a poussé la législation en matière de santé publique et d’environnement à les favoriser. De leur côté, les fabricants de peinture cherchaient de toute manière à limiter l’usage des solvants.

Les peintures à l’eau présentent aussi de nombreux avantages pratiques par rapport aux peintures à solvants: elles dégagent une odeur beaucoup moins incommodante, elles sèchent plus vite et le matériel de peinture peut être lavé à l’eau.

Peinture à l’eau ou peinture à solvants

Quel que soit son type, une peinture se fabrique à partir de 4 composants:

  • un liant, qu’on appelle aussi matière filmogène
  • des matières de charge (talc, carbonate de calcium, kaolin, etc.)
  • un pigment (souvent le dioxyde de titane)
  • un diluant

Historiquement, les fabricants de peinture ont longtemps utilisé des diluants d’origine chimique appelés solvants: on parle donc de peintures à solvants.

Ce sont ces solvants qui présentent un certain risque pour la santé du peintre. Leurs propriétés chimiques peuvent provoquer des irritations de la peau ou des yeux, une gêne respiratoire, des étourdissements, des diarrhées, voire un état proche de l’ivresse.

Depuis une quarantaine d’années, on produit de plus en plus de peinture en phase aqueuse, dans lesquelles le diluant est de l’eau. Elles présentent donc beaucoup moins de dangers pour la santé.

Pourquoi existe-t-il encore des peintures à solvants?

«Une des premières choses que j’ai entendu aux cours quand j’ai commencé mon apprentissage, c’est que les peintres vivaient 3 ans de moins que les autres, raconte Ivan Micello, peintre en bâtiment et artiste. C’est pour ça que dans l’entreprise que j’exploite avec mon père, on n’utilise plus que des peintures à l’eau.»

Si les peintures à solvants sont si nocives et si on sait désormais produire des peintures à base d’eau, comment expliquer que les peintures à solvants soient encore très répandues?

Il y a une part d’exigences techniques: pour certains supports ou dans certaines conditions climatiques, la peinture à l’eau ne peut pas être utilisée. Notamment si le taux d’humidité est très élevé ou la température très basse. Mais en dehors de ces rares cas particuliers, il n’y a pas de raison d’utiliser des peintures à solvants.

Malheureusement, il existe des préjugés tenaces: de par leur formation ou leur expérience, de nombreux peintres restent persuadés que seule une peinture à solvants permettra d’obtenir de bons résultats. Ils se trompent.

La peinture à l’eau oblige à bien travailler

Si un travail échoue alors qu’une peinture à l’eau a été utilisée, ces peintres auront tendance à mettre la faute sur le produit. En réalité, c’est plutôt leur travail qu’il faudrait remettre en cause.

«Une peinture en phase aqueuse demande un savoir-faire différent», explique Benoît Markwalder, directeur de Socol. Plus délicate, la peinture à l’eau exige en effet un protocole rigoureux, notamment en ce qui concerne les temps de séchage.

Cela oblige les entreprises à s’organiser en conséquence. De leur côté, les peintures à solvants offrent une certaine marge de manœuvre et pardonnent par exemple des approximations dans le planning ou des imprévus.

Néanmoins, c’est une fausse solution. Car l’évolution du métier et des normes va dans le sens d’un travail mieux planifié et organisé. «Et les mesures prises pour maintenir l’activité sur les chantiers en temps de Covid vont accélérer ce phénomène, estime Benoît Markwalder. Il y aura de moins en moins d’échecs avec la peinture à l’eau et sa popularité dans la profession va encore s’accroître.»

Moins nocive, mais pas tout à fait inoffensive

Mais une peinture à l’eau peut aussi présenter des risques pour la santé, même s’ils sont très réduits face aux dangers des peintures à solvants. En plus des 4 composants de base, le fabricant peut en effet intégrer différents additifs pour donner d’autres propriétés à la peinture: antimousse, agent de conservation, épaississant, etc.

C’est en raison de ces additifs qu’une peinture en phase aqueuse pourra quand même contenir une certaine dose de produits chimiques. Ils sont nettement moins nocifs, mais il vaut tout de même mieux éviter un contact trop fréquent avec la peau.

C’est pourquoi une peinture à l’eau n’est pas totalement sans danger pour la santé. Même si elle sera toujours moins agressive qu’une peinture à solvants.

Comment connaître la nocivité d’une peinture?

Depuis 2012, l’étiquette environnementale suisse permet aux professionnels comme au grand public de choisir une peinture en toute connaissance de cause. Cette étiquette est régie par la Fondation Suisse Couleur. Il s’agit d’une association indépendante et sans but lucratif, soutenue par des politiques, des autorités et des associations.

L’étiquette environnementale est semblable à celle qu’on trouve sur les appareils ménagers ou les voitures. Elle classe un produit dans des catégories allant de A (excellent) à G (le moins bon).

Par exemple, le label MINERGIE-ECO se base sur l’étiquetage. Cette référence dans la construction des bâtiments en termes de santé et d’environnement a en effet émis les recommandations suivantes:

  • 1re priorité aux produits des catégories A et A-
  • 2e priorité aux produits de catégorie B
  • les produits des catégories C à D remplissent les exigences
  • les produits des catégories E à G ne sont pas recommandés

L’exemple de notre gamme Profil Nature

En 2014, Socol a lancé une gamme de peintures à caractère écologique: Profil Nature. Disponible en dispersion mate ou satinée, cette peinture est composée à plus de 95% de matières renouvelables.

socol-profil-nature

Fabriquée à base d’eau, elle n’émet pas de solvants, d’amine ou d’ammoniaque. Elle permet même de neutraliser le formaldéhyde, une substance nocive présente dans tous les intérieurs. Ses grandes qualités lui ont permis d’être classée en catégorie A!

Cette gamme illustre notre philosophie: produire des peintures en phase aqueuse qui respectent l’environnement et ménagent la santé de nos clients.

Lire notre article sur la peinture Profil Nature et ses propriétés